28.06.2009

Les jours qui suivirent...

Les jours qui suivirent le fameux sept janvier dont je parlais plus haut ne furent pas très gais, mais pas dramatiques non plus, presque étonnament.
On m'avait dit que je ne supporterais pas la sentence si un jour elle venait jusqu'à moi.
Mais c'est finalement presque mal me connaître, tant j'ai toujours senti que la maladie viendrait à moi, tant j'ai toujours vécu indirectement avec elle. Plus encore, pour moi, il s'agit presque d'une notion de destin. Je sais que c'est peut-être stupide, mais je vois tout cela comme un passage plus ou moins obligé dans ma vie et qui va m'apprendre beaucoup de choses. Entre autres, je l'espère un jour, ne plus avoir peur de crever.
Les jours qui suivirent, je me suis borné à ne rien dire à mon mec, que je cherchais à épargner absolument.
Je ne pouvais pourtant pas garder tout cela pour moi, ni même les questions que cela implique et soulève.
Il me fallait une bonne âme qui me soutienne, me comprenne sans me juger, m'écoute sans tomber dans une violente déprime, demeure positive et rationnelle malgré la douleur.
J'ai fait le compte mentalement de mes amis et je ne sais pas exactement pourquoi mais très vite alors, le choix s'est imposé de lui même à savoir à qui j'allais annoncer la délicate nouvelle.
J'ai pensé à Clémentine. Inévitablement.
Ca fait une bonne dizaine d'années que je la connais, ce n'est peut-être pas ma meilleure amie, encore que je n'en sais trop rien, finalement, mais je savais qu'elle seule pouvait m'écouter sans trop dramatiser, sans juger en tout cas et surtout en restant relativement maîtresse d'elle-même. C'est un art sans doute, même si je suis sensible à de nombreux autres arts bien sûr.
Mais là j'avais besoin de ça. J'avais besoin d'en parler avec elle, et elle seule.
Je lui ai annoncé un jour où je me suis rendu à P*** pour me changer les idées.
Ca a plutôt marché. J'ai passé une journée presque agréable. J'ai flâné dans les vieilles rues, j'ai visité des boutiques d'huiles de massage et autres produits alléchants, j'ai mangé un délicieux steack dans une brasserie rouge et bien décorée.
J'ai humé l'air presque espagnol qui se dégage de la ville.
Je lui ai annoncé ça entre le fromage et le dessert, c'est le cas de le dire.
Je l'avais appelée la veille pour lui dire de me rappeler, que ça n'allait pas trop, que je ne savais pas ce que j'allais faire, que j'avais besoin d'elle et elle m'a rappelé alors que je mangeais mon fromage, là, dans la brasserie rouge et presque inadéquate. Quoique. Les lieux sont-ils inadéquats? Les circonstances des choses ont-elles un sens? Quelque chose a t-il un sens vraiment? Je persiste à penser que oui, mais ce n'est peut-être qu'une simple vue de l'esprit qui m'aide ou même qui ne m'aide pas forcément.
Toujours est-il que je lui ai annoncé ça. Bon, avec pudeur je pense, quand même, en jouant la carte espoir, bien sûr aussi, pour tamiser un peu le côté délicat et désagréable de l'annonce. En lui redisant les mots de l'infirmière (mais je n'y croyais toujours pas et je pense que Clémentine non plus n'y croyait pas).
Et elle a réagi exactement comme je l'attendais et comme je l'espérais. Fidèle à elle-même. Grave. Sérieuse bien entendu. Mais pas totalement effondrée, du moins elle ne l'a pas montré. C'est exactement ce qu'il me fallait et puis on a parlé de tout ce que cela impliquait, en toute objectivité et avec beaucoup de bon sens. Hommage à la réaction de Clémentine qui m'a fait un bien fou et j'avais vraiment besoin de ce type de réaction.
Je ne voulais pas entendre Malika me sortir entre deux sanglots: "je savais que ça finirait comme ça" ou Sylvie ne rien me sortir du tout, abasourdie et éventrée, ravagée par des flots de larmes, me voyant déjà dans un cimetière ou dans mon cas plutôt dans un vase à cendres.

P*** m'a redonné du rouge, de l'espoir, du sens et du baume à ma vie un peu secouée ces derniers temps.
Clémentine m'a rappelé que j'étais bel et bien vivant, que nous avions des choses encore à vivre ensemble et séparément, que beaucoup de temps allait encore s'écouler avant que la maladie ne prenne le dessus.
Je suis rentré chez moi un peu régaillardi.
Je voudrais terminer ce message par un grand merci à Toi, Clémentine. Tu as été là au moment où c'était sans doute le plus important pour moi et je ne l'oublierai jamais.
J'ai terminé cette semaine plutôt cauchemardesque relativement sereinement, finalement, et avec au fond de moi un certain courage pour affronter la nouvelle semaine qui allait tôt fait d'arriver et de m'apporter de nouvelles nouvelles guère réjouissantes...

Commentaires

Excellent , ce post est tr

Ecrit par : affiliation voyance | 09.12.2009

Excellent , cet article est tres interessant et je rejoins particulierement votre opinion .

Ecrit par : Brice Houdet | 09.12.2009

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