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<title>Les ailes dans le ciel</title>
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<subtitle>Les ailes dans le ciel</subtitle>
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<title>Bribes de voyage.</title>
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<updated>2009-08-23T00:21:27+02:00</updated>
<published>2009-08-23T00:10:00+02:00</published>
<summary> (...)Lundi 17 août au soir - Sublime lumière rosée sur le Cap Ferrat. Balade...</summary>
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(...)Lundi 17 août au soir - Sublime lumière rosée sur le Cap Ferrat. Balade jusqu'au port de St Jean Cap Ferrat. Verveine menthe. Sentiment quasi religieux sur le chemin du retour (baie des Fourmis). Nuit profonde mais angoisse au milieu de la nuit. Vertiges.&lt;br /&gt;Mardi 18 - Lever le matin peu avant 10H. Trop tard pour aller courir ou se balader à la fraîche. Je dégote quelque chose pour mercredi soir (folie). Mauvaise surprise au cyber café au moment de payer. Je ne parviens pas à aller à la piscine, comme je le souhaitais plus tôt dans la matinée. Thé au café Roma. Pas envie de bouger. Envie de profiter malgré tout. J'écris des cartes, alors... histoire d'immortaliser comme je peux les moments dans le temps, le coeur, la mémoire. J'écris à William et Kathlyn. Salade caprese au café, où je profite des saveurs de la mozarella italienne, du basilic frais. Spumante. Envie de profiter à fond. Je sais que tout va passer très vite, que même si je jouis de chaque minute comme s'il s'agissait d'une petite éternité, tout cela va passer très vite. Que de choses à faire en si peu de temps... que de choses je voudrais faire! Arriverai-je à faire tout ce que je veux?&lt;br /&gt;Je décide de partir sur Eze l'après-midi. Je trouve Patrick dans le train. Je monte à Eze village avec le bus. Très beaux panoramas. C'est grandiose. Je fais un tour dans le village, rapidement, à pleine haleine. Je fais plein de photos puis je redescends à travers le sentier Nietzsche. Alors que j'étais très emballé par la musique d'E*** pendant toute la balade, quasi mystique, je me laisse gagner par des envies sensuelles, qui sans doute sont des échappatoires à trop plein de sensations, d'émotions, de questionnements aussi. Je parviens à me délasser un peu, mais assez brièvement à Eze sur mer. L'eau est chaude. Mais je me laisse regagner par des émotions sensuelles. Après tout, cela fait aussi partie du parcours, sans doute. Je retourne sur Juan les pins le soir, avec Patrick en train. Je revois son appart' qui a un peu changé mais je le reconnais bien, je ressens bien quelques émotions que j'ai ressenties chez lui, jadis.&lt;br /&gt;On mange brièvement un morceau. Il m'achète un livre. Puis je vais aux BR boire le thé. C'est toujours aussi beau, mais je ne parviens pas à m'inspirer du calme durablement...&lt;br /&gt;Message écrit à moi-même le soir, aux BR: &quot; C'est beau, c'est calme, voluptueux. Majestueux. Mais je ne parviens pas à trouver une paix durable, harmonieuse, en accord avec tout ce que je suis&quot;.&lt;br /&gt;Jeudi 20 - Nice. Heure: je m'en fous. Ancien Château de Nice.&lt;br /&gt;J'ai eu une séance de vertiges poussée. Mais pour la première fois, je ne m'en plains pas et j'aime presque cet état... Je ne sais pas ce que ça soulève, au juste, si ça fait du bien ou du mal, c'est juste comme ça.&lt;br /&gt;Je suis allé me coucher, sans honte, sans pudeur, à l'abri des gens, sur l'herbe au château sous une sorte de tonnelle.&lt;br /&gt;J'ai repris ensuite du poil de la bête, mais je me sens de nouveau immensément fatigué - par la lecture que je fais je crois.  Mais je ne cherche pas à lutter contre cette fatigue. Les mots sont parfois si vains. Certaines situations inutiles. Parfois on n'a rien à dire aux gens. Que comprendraient-ils? Et ils ont envie d'avoir la paix, les gens. J'ai envie d'avoir la paix aussi avec les gens, l'écriture, le monde. Je suis fatigué, là, très fatigué, mais c'est très bien ainsi et je suis heureux d'être en vie. Heureux d'être comme je suis. J'accepte d'être malade (c'est comme ça et de toutes façons ça me pousse à aller encore plus loin dans mon parcours intérieur, je veux dire, je n'aurais pas été malade, je serais peut-être allé aussi loin ou même encore plus loin, mais je vais peut-être encore plus loin, plus vite, que sais-je?)&lt;br /&gt;Toujours est-il que je me sens HEUREUX de tout. &lt;br /&gt;Même si ça fait du bien, du mal et plein d'autres choses à la fois.&lt;br /&gt;J'écris à Kathlyn des mots qui n'ont sans doute pas beaucoup de sens vus de l'extérieur mais qui sont au contraire chargés de sens à l'intérieur, je me sens seul mais c'est un peu le lot commun des hommes et de toutes façons je ne cherche pas à importuner qui que ce soit. Les vertiges sont violents, presque insoutenables, mais je m'en fous. Ca me fait presque peur. Je me demande si je vais pas crever, là, dans l'herbe et même cela, là, ça m'indiffère presque. Je me ressaisis.&lt;br /&gt;Des choses vont, doivent changer. Je ne veux plus avoir peur de dire la vérité, de dire ce que je ressens, je veux assumer ce que je suis et ce que je pense, auprès des autres, sans avoir peur de les heurter parfois, je ne veux pas les heurter volontairement, mais je veux m'assumer et m'affirmer.Je ne veux plus avoir peur d'être franc et en ACCORD AVEC MOI-MÊME...
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<name>Mysterious dove</name>
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<title>Atripla</title>
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<updated>2009-07-05T02:32:19+02:00</updated>
<published>2009-07-05T02:01:00+02:00</published>
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<summary> Je voulais parler de mon traîtement depuis un moment déjà. Mais je me...</summary>
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Je voulais parler de mon traîtement depuis un moment déjà.&lt;br /&gt;Mais je me devais de brosser un peu le portrait des premiers jours, le verdict, le contexte dans lequel j'ai su que j'étais malade etc.&lt;br /&gt;J'ai passé depuis ce fameux sept janvier 2008, presque un an sans traîtement.&lt;br /&gt;Il y a des gens chez qui le traîtement ne s'impose pas pendant un certain temps, même si apparemment, de plus en plus, on chercherait à faire débuter un traîtement le plus tôt possible aux gens séropositifs.&lt;br /&gt;En fait, début 2008, j'ai d'abord vu un médecin spécialisé dans les maladies de sang à B*** mais il ne m'a pas plu du tout. Je l'ai trouvé froid et il voulait me mettre tout de suite sous traîtement. J'ai ensuite appelé une amie médecin, qui m'a conseillé plutôt de prendre un rendez-vous dans la plus grande ville de M***.&lt;br /&gt;Là, j'ai été très bien accueilli. J'ai pu parler librement de mes craintes, j'ai pu exprimer ce que j'avais envie de dire, ma façon de voir les choses, mes espérances, mes convictions, mon envie de dépasser la maladie.&lt;br /&gt;Car très vite j'ai décidé de me battre contre la maladie.&lt;br /&gt;J'ai commencé assez peu de temps après d'ailleurs des séances de shiatsu avec Laurence, une jeune femme très agréable, franche, sensible et très intuitive. Une femme qui m'apporte beaucoup et m'aide dans mes démarches spirituelles et intérieures.&lt;br /&gt;Pour moi cela est complémentaire.&lt;br /&gt;J'ai su que j'étais malade depuis l'été 2007, d'après les résultats de mes bilans de sang. Approximativement, bien sûr. Mais j'ai eu la chance en quelque sorte de me rendre compte assez vite de la maladie et donc, j'ai su à peu près à quand remontait l'infection.&lt;br /&gt;A M*** on m'a rassuré, on m'a dit que je ne serais pas mis sous traîtement de suite, que cela dépendrait des résultats.&lt;br /&gt;Au début j'avais besoin d'accepter que ma vie ne serait plus tout à fait pareil, mais je ne me sentais pas encore prêt à assumer psychologiquement la prise régulière et définitive d'un traîtement. Ca, ça m'angoissait. Il me fallait du temps pour admettre cela.&lt;br /&gt;Mes résultats se sont avérés ni bons ni mauvais.&lt;br /&gt;Environ 400 CD4 et une charge virale de un peu moins de 150 000.&lt;br /&gt;Je devais rapidement me familiariser avec ces chiffres qui pour moi ne représentaient pas grand chose jusque là.&lt;br /&gt;J'apprenais qu'une personne dite normale avait environ 700 à 1400 CD4 et bien sûr une charge virale très proche de 0.&lt;br /&gt;J'apprenais aussi qu'en dessous de 250 CD4 il fallait commencer à s'inquiéter sérieusement, même si comme d'habitude tout le monde  ne réagirait pas pareil avec 250 CD4. Il y en a qui seraient déjà faibles et fatigués et d'autres qui continueraient de courir partout et de ne se rendre compte de rien.&lt;br /&gt;J'apprenais aussi que la durée de vie moyenne d'une personne séropositive était de 35 ans environ, à ce jour. Cela me rassurait beaucoup et effaçait mes ansoisses de vie forcément condamnée.&lt;br /&gt;Voilà pourquoi j'entends de plus en plus de gens atteints par le VIH espérer connaître leurs neveux ou nièces, ou autres membres de leur future famille.&lt;br /&gt;Il est vrai que la recherche a beaucoup avancé.&lt;br /&gt;Le DR JELLABAD s'occupe vraiment bien de moi. Il est charmant, attentif, très à l'écoute et se plie à la volonté et à la démarche de ses patients.&lt;br /&gt;Pour ma part, dès le début, et en harmonie avec ma façon de vivre, je n'ai pas voulu de mensonge, même si j'avais certes besoin qu'il sache me rassurer quelque peu, malgré tout.&lt;br /&gt;Il a tout de suite su comment me gérer et je me suis promis d'être un patient agréable, optimiste, le plus serein possible. Mais lucide aussi.&lt;br /&gt;Nous avons donc suivi l'évolution de mes résultats tout au long de l'année 2008.&lt;br /&gt;Dans l'ensemble, je n'ai pas eu de grosse baisse de régime dans le courant de cette année-là.&lt;br /&gt;J'ai eu besoin d'un long arrêt maladie au début. Mais je pense avec le recul que c'était surtout parce que le travail que je faisais alors ne me correspondait pas et ne se passait pas bien du tout. En fait, si j'avais été bien dans mon travail alors, je pense que trois semaines d'arrêt m'auraient suffit à me remettre du gros coup de massue que l'on reçoit lorsqu'on apprend une telle nouvelle.&lt;br /&gt;Moi il m'a fallu à ce moment là presque trois mois. Mais trois mois nécessaires. Trois mois où je me suis pris en charge, où j'ai vu des docteurs, fait des bilans, trouvé ma perle rare nommée Jellabad à M***, changé de boulot, pris de nouvelles décisions, adopté une certaine ligne de conduite etc.&lt;br /&gt;Mais je reviendrai sur tout cela plus tard, bien entendu.&lt;br /&gt;Aujourd'hui je souhaite parler du traîtement qui est le mien. &lt;br /&gt;Je l'ai en fait débuté le 3 février de cette année.&lt;br /&gt;Le Dr J. m'avait demandé de me préparer à l'éventualité de la  mise en route d'un traîtement dès la fin de l'année et nous avions pensé qu'il me faudrait débuter un traîtement au début de cette nouvelle année.&lt;br /&gt;Un an sans traîtement, c'est vrai que j'espérais mieux, mais à B*** ils voulaient me mettre tout de suite sous traîtement et puis les conseils médicaux avaient entre temps bien changé, et la recherche avait encore pris de nouvelles tournures.&lt;br /&gt;En mars 2008, le Dr J. ne voyait pas l'utilité de m'infliger un traîtement alors que les CD4 étaient toujours légèrement au dessus de 400 et que la charge virale n'était pas supérieure à 150000, alors que pour B*** cela était déjà juste et nécessitait que l'on se pose la question cruciale d'un traîtement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement, mes résultats, après avoir été stationnaires pendant plusieurs mois, se sont mis à se détériorer de plus en plus et en fin d'année le dernier bilan de l'année faisait état de 350 CD4 et d'une charge virale grimpée à presque 1 million.&lt;br /&gt;J'ai donc connu ces résultats au début de cette année.&lt;br /&gt;Là le docteur a été formel, pour lui il fallait débuter le traîtement dans la mesure où les CD4 commençaient à s'affaiblir.&lt;br /&gt;J'ai souhaité me préparer mentalement jusqu'à la fin du mois et débuter le fameux traîtement début février.&lt;br /&gt;Cela coïncidait avec un nouveau travail et nous avons pris en compte tous les éléments d'horaires de travail, effets secondaires possibles, pour choisir le meilleur traîtement pour moi.&lt;br /&gt;J'ai choisi quelque chose qui en général ne donne pas d'effets secondaires extérieurs, puisque je suis en contact avec des gens dans mon travail. J'ai préféré choisir quelque chose qui pourrait éventuellement me donner des somnolences ou des vertiges, voire des rêves anormaux, bref quelque chose que je subirais moi la nuit, mais qui ne se verrait pas à mon boulot. Pas d'yeux jaunes, pas de coloration de la peau, etc.&lt;br /&gt;Le Dr m'a donc prescrit Truvada et Sustiva dans un premier temps.&lt;br /&gt;Le Truvada est l'association de ténofovir + emtricitabine.&lt;br /&gt;Le Sustiva contient de l'efavirenz.&lt;br /&gt;En sachant, m'a t-il dit qu'à terme, les trois molécules seraient regroupées dans un nouveau médicament mis sur le marché en 2009, l'Atripla qui possède donc l'avantage de n'être pris qu'en une seule fois.&lt;br /&gt;J'ai eu de nombreuses pensées pour les gens qui se sont gavés de pilules avant moi.&lt;br /&gt;J'ai eu beaucoup d'espoirs aussi qu'un jour on nous parle vraiment de vaccin.&lt;br /&gt;Mais pour le moment, j'ai essayé de me mettre dans le crâne qu'il faudrait que je fasse avec ces deux médocs pour un bon bout de temps.&lt;br /&gt;Je savais assez vite que je prendrais mes médicaments sérieusement et que je penserais à les prendre tous les soirs, mais je ne savais par contre pas si j'allais les supporter.&lt;br /&gt;Le médecin était bien sûr encourageant.&lt;br /&gt;Pour être concret, je crois que je n'ai eu que deux fois des rêves bizarres, des flashes.&lt;br /&gt;Le Truvada, comme pensait le Dr J. ne m'a pas donné d'effet secondaire.&lt;br /&gt;En revanche, le Sustiva que je prenais au début deux heures après le Truvada, environ, me donnait beaucoup de vertiges.&lt;br /&gt;Je n'ai pas vraiment réussi à m'habituer à ces vertiges, je dois dire. Ils sont forts et pénibles, surtout lorsque je suis fatigué, plus discrets si je suis en forme.&lt;br /&gt;C'est pourquoi d'ailleurs le médecin recommandait de le prendre avant le coucher.&lt;br /&gt;Mais seulement voilà. En février, j'avais un poste de nuit. J'étais sans cesse décalé. Je bossais dur pendant plusieurs nuits et après j'avais plusieurs jours de repos. Aussi pendant mes repos, ça allait, j'arrivais à gérer. Il suffisait que je prenne Sustiva vers 23H et que je m'endorme vers 0H et je ne sentais presque aucun effet.&lt;br /&gt;Mais lorsque je travaillais, il y avait des nuits difficiles.&lt;br /&gt;Vers 1H ou 2h souvent, j'étais pris de vertiges, j'avais des sensations de lourdeur, il fallait souvent que je m'allonge. Mon travail me le permettait alors souvent, mais j'avais peur avec l'arrivée de la haute saison qu'il ne me soit plus possible de me reposer du tout pendant mes horaires de nuit. &lt;br /&gt;Aussi j'ai décidé d'arrêter ce taf et de reprendre le boulot que j'avais l'an dernier et qui de plus me correspondait mieux et me plaisait plus, de surcroît. Le seul souci c'est que ce n'est pas un CDI, aussi dans ma situation ce n'était pas forcément le meilleur choix à prendre.&lt;br /&gt;Mais en définitive faire quelque chose qui me plaît vraiment et qui me donne moins de fatigue n'a pas de prix et cela me pousse en avant.&lt;br /&gt;Je pense donc, j'espère avoir fait le bon choix.&lt;br /&gt;Mais les choix, bien sûr, sont ce qu'ils sont.&lt;br /&gt;Bref, hormis la première nuit où j'ai été très angoissé et où j'ai ressenti de violents troubles, je ne peux pas dire que je ne me sois pas habitué à mes médicaments.&lt;br /&gt;Il n'y a qu'une seule fois où j'ai été recouvert de plaques rouges, mais c'était lors d'un rhume et je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé. J'ai arrêté le traîtement que le médecin généraliste avait prescrit pour le rhume et cela s'est passé tout seul.&lt;br /&gt;Depuis, ça allait plutôt bien dans l'ensemble.&lt;br /&gt;Je m'étais même habitué à ce que certains soirs où je suis un peu plus fatigué qu'à l'accoutumée, j'aie des vertiges.&lt;br /&gt;Je ne prends pas d'autres médicaments. &lt;br /&gt;A part le lexomil contre les crises ponctuelles d'angoisse ou de spasmophilie. &lt;br /&gt;Mais c'est tout à fait compatible et du reste j'ai considérablement baissé la prise de lexomil. J'ai même pour la première fois depuis trois ans complètement arrêté depuis un mois et j'en suis très fier et heureux.&lt;br /&gt;Vendredi j'ai changé de traîtement.&lt;br /&gt;Les résultats du précédent traîtement ont été bons même très bons en avril. J'ai récupéré 550 CD4 et la charge virale en deux mois de traîtement est devenue pratiquement indétectable. J'en ai été très ému.&lt;br /&gt;Mais Atripla qui réunit mes deux anciens médicaments est maintenant disponible et j'ai donc commencé vendredi soir.&lt;br /&gt;La nuit a été agitée, mais je pense plus parce que j'ai fait une crise d'angoisse et je n'étais pas très en forme non plus. Mais j'ai réussi à calmer l'angoisse relativement infondée d'ailleurs et hier soir la prise d'Atripla s'est très bien passée. D'ailleurs j'écris ces lignes sereinement et voilà plus de deux heures que j'ai pris mon médicament.&lt;br /&gt;Atripla suscite de nombreux espoirs. Il contient donc trois principes actifs : efavirenz, emtricitabine et ténofovir.&lt;br /&gt;J'espère que ce médicament va donner de bons résultats, comme c'est déjà apparemment le cas.&lt;br /&gt;Il est bien sûr révolutionnaire, car comme je l'ai dit plus haut, les patients qui le prennent n'ont plus besoin de prendre que ce médicament, le soir avant le coucher.&lt;br /&gt;Je parlerai une autre fois de l'hygiène de vie, de l'espoir qu'il faut savoir garder, si possible, de l'entourage, de plein de choses qui sont essentielles pour vivre mieux sa séropositivité sans doute.&lt;br /&gt;Pour ce soir, je vais me coucher et je souhaite à mes éventuels lecteurs une douce nuit.
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<title>Le verdict.</title>
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<updated>2009-06-28T00:46:58+02:00</updated>
<published>2009-06-29T00:40:00+02:00</published>
<summary> Je crois que c'est le mardi suivant, moi qui ai souvent une bonne mémoire...</summary>
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Je crois que c'est le mardi suivant, moi qui ai souvent une bonne mémoire des dates, là curieusement je ne suis plus sûr de rien, mais je crois bien que c'est le mardi d'après que la nouvelle s'est donc confirmée.&lt;br /&gt;J'étais donc bel et bien séropositif. &lt;br /&gt;Je suis séropositif.&lt;br /&gt;C'est d'ailleurs en ces termes précis que j'envoie un sms à Clémentine, pour ne plus me mentir du tout, dans l'absolu, et pour marquer le changement irrémédiable de statut, comme mon médecin traîtant me l'a d'ailleurs dit ce jour-là.&lt;br /&gt;Cette fois Clémentine pleure au téléphone et se montre très triste, mais c'est moi qui essaye de lui remonter le moral en lui précisant que je ne vais pas me laisser abattre, que de toutes façons je m'y attendais maintenant depuis plus de huit jours, j'avais déjà eu un peu de temps pour me faire à cette idée, si tant est que l'on puisse complètement s'y faire un jour.&lt;br /&gt;Je lui dit que je vais m'accrocher et je suis d'ailleurs très sincère.&lt;br /&gt;En revanche, je n'ai pas la moindre idée de quand je vais l'annoncer à mon ami William.&lt;br /&gt;Je n'ai pas peur qu'il me quitte ou le prenne mal, j'ai surtout peur de sa réaction par rapport à lui, il est très phobique à ce sujet et le problème est que au vu des dates à laquelle ma séropositivité s'est avérée, il est fort possible qu'il l'ait été lui aussi, depuis un certain temps et les médecins ont bien peur qu'il m'ait contaminé.&lt;br /&gt;On ne peut être sûr de rien, surtout en cette matière.&lt;br /&gt;D'ailleurs désormais ce sera quelque chose qui m'empêchera d'en parler ouvertement. Je ne me sens pas honteux ou un pariah mais je ne veux pas que l'on pense qu'il m'ait éventuellement contaminé. Je ne veux pas qu'on le juge, je ne veux pas le juger moi-même, je dis immédiatement à Clémentine que j'ai ma part de responsabilités dans tout ça, j'aurais dû faire plus attention avec le préservatif, mais ce n'est jamais très évdident en couple et encore moins quand on s'aime très fort.&lt;br /&gt;Et puis nous avions toujours pensé tous deux qu'il était négatif. J'apprendrai d'autres choses plus tard, mais ce n'est pas le sujet pour l'instant.&lt;br /&gt;J'aime mon ami et nous avons peut-être pris des risques seulement nous n'avons jamais pensé en prendre.&lt;br /&gt;Et d'ailleurs encore à ce jour rien ne prouve qu'il m'ait contaminé, et rien ne prouve non plus qu'il soit positif. Mais cela encore est une autre histoire et fera l'objet d'un autre post.&lt;br /&gt;Clémentine comprend tout cela, comme je m'y attendais elle ne juge personne, surtout pas William et pense qu'il faut que nous soyions encore plus soudés qu'avant et que nous avancions ensemble dans cette épreuve. Je ne sais pas quand je vais lui annoncer mais ce sera inévitable.&lt;br /&gt;Je ne pense pas avoir pris de risques ailleurs, il faut que je le précise, mais est-ce vraiment un problème majeur? Je n'ai eu que deux relations éphémères et très superficielles une semaine où nous nous étions disputés avec William l'été d'avant, peu de médecins pensent que j'ai alors pris un risque mais sait-on exactement toujours quels risques réels on prend?&lt;br /&gt;Je suis sujet depuis longtemps à des saignements de gencives et cela n'est pas très bon pour moi.&lt;br /&gt;Maintenant je voudrais parler de choses qui me paraissaient à l'époque plus pressantes.&lt;br /&gt;D'abord il fallait que je rencontre un médecin spécialisé. &lt;br /&gt;Ensuite faire des bilans de santé plus approfondis.&lt;br /&gt;Il fallait m'éclairer aussi sur ce que serait désormais ma vie, ce qui allait changer, etc.&lt;br /&gt;Il fallait que je me décide à en parler tôt ou tard à William, sans l'anéantir.&lt;br /&gt;Je dois dire ici même que j'écris ce blog pour dire ce qui se passe dans une tête, au moment du &lt;em&gt;verdict&lt;/em&gt; pour donner de l'espoir aussi, car je pense vivre relativement bien ma maladie à ce jour, mais j'ai su en ce mois de janvier 2008 que l'on n'était pas toujours bien renseigné sur la séropositivité, finalement, et même moi qui me croyais plutôt bien renseigné sur ce sujet, je me suis rendu compte que c'était faux et d'ailleurs beaucoup de tabous subsistent encore à cet égard. On croit tout savoir et en fait on ne sait pas grand chose. On n'en parle pas tant que ça finalement. Je veux dire ce qui m'est passé par la tête, je veux dire comment cela s'est passé pour moi. Mais attention, il faut avant tout savoir que dans cette maladie, comme dans beaucoup de maladies, chaque personne réagit différemment et mentalement, et physiquement. Donc je ne suis pas un exemple de comment ça se passe ou quoi, je veux juste apporter mon témoignage.&lt;br /&gt;Qui restera quoiqu'il en soit, un peu personnel.
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<name>Mysterious dove</name>
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<title>Les jours qui suivirent...</title>
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<updated>2009-06-28T01:07:14+02:00</updated>
<published>2009-06-28T07:00:00+02:00</published>
<summary> Les jours qui suivirent le fameux sept janvier dont je parlais plus haut ne...</summary>
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Les jours qui suivirent le fameux sept janvier dont je parlais plus haut ne furent pas très gais, mais pas dramatiques non plus, presque étonnament.&lt;br /&gt;On m'avait dit que je ne supporterais pas la sentence si un jour elle venait jusqu'à moi.&lt;br /&gt;Mais c'est finalement presque mal me connaître, tant j'ai toujours senti que la maladie viendrait à moi, tant j'ai toujours vécu indirectement avec elle. Plus encore, pour moi, il s'agit presque d'une notion de destin. Je sais que c'est peut-être stupide, mais je vois tout cela comme un passage plus ou moins obligé dans ma vie et qui va m'apprendre beaucoup de choses. Entre autres, je l'espère un jour, ne plus avoir peur de crever.&lt;br /&gt;Les jours qui suivirent, je me suis borné à ne rien dire à mon mec, que je cherchais à épargner absolument.&lt;br /&gt;Je ne pouvais pourtant pas garder tout cela pour moi, ni même les questions que cela implique et soulève.&lt;br /&gt;Il me fallait une bonne âme qui me soutienne, me comprenne sans me juger, m'écoute sans tomber dans une violente déprime, demeure positive et rationnelle malgré la douleur.&lt;br /&gt;J'ai fait le compte mentalement de mes amis et je ne sais pas exactement pourquoi mais très vite alors, le choix s'est imposé de lui même à savoir à qui j'allais annoncer la délicate nouvelle.&lt;br /&gt;J'ai pensé à Clémentine. Inévitablement.&lt;br /&gt;Ca fait une bonne dizaine d'années que je la connais, ce n'est peut-être pas ma meilleure amie, encore que je n'en sais trop rien, finalement, mais je savais qu'elle seule pouvait m'écouter sans trop dramatiser, sans juger en tout cas et surtout en restant relativement maîtresse d'elle-même. C'est un art sans doute, même si je suis sensible à de nombreux autres arts bien sûr.&lt;br /&gt;Mais là j'avais besoin de ça. J'avais besoin d'en parler avec elle, et elle seule.&lt;br /&gt;Je lui ai annoncé un jour où je me suis rendu à P*** pour me changer les idées.&lt;br /&gt;Ca a plutôt marché. J'ai passé une journée presque agréable. J'ai flâné dans les vieilles rues, j'ai visité des boutiques d'huiles de massage et autres produits alléchants, j'ai mangé un délicieux steack dans une brasserie rouge et bien décorée.&lt;br /&gt;J'ai humé l'air presque espagnol qui se dégage de la ville.&lt;br /&gt;Je lui ai annoncé ça entre le fromage et le dessert, c'est le cas de le dire.&lt;br /&gt;Je l'avais appelée la veille pour lui dire de me rappeler, que ça n'allait pas trop, que je ne savais pas ce que j'allais faire, que j'avais besoin d'elle et elle m'a rappelé alors que je mangeais mon fromage, là, dans la brasserie rouge et presque inadéquate. Quoique. Les lieux sont-ils inadéquats? Les circonstances des choses ont-elles un sens? Quelque chose a t-il un sens vraiment? Je persiste à penser que oui, mais ce n'est peut-être qu'une simple vue de l'esprit qui m'aide ou même qui ne m'aide pas forcément.&lt;br /&gt;Toujours est-il que je lui ai annoncé ça. Bon, avec pudeur je pense, quand même, en jouant la carte espoir, bien sûr aussi, pour tamiser un peu le côté délicat et désagréable de l'annonce. En lui redisant les mots de l'infirmière (mais je n'y croyais toujours pas et je pense que Clémentine non plus n'y croyait pas).&lt;br /&gt;Et elle a réagi exactement comme je l'attendais et comme je l'espérais. Fidèle à elle-même. Grave. Sérieuse bien entendu. Mais pas totalement effondrée, du moins elle ne l'a pas montré. C'est exactement ce qu'il me fallait et puis on a parlé de tout ce que cela impliquait, en toute objectivité et avec beaucoup de bon sens. Hommage à la réaction de Clémentine qui m'a fait un bien fou et j'avais vraiment besoin de ce type de réaction.&lt;br /&gt;Je ne voulais pas entendre Malika me sortir entre deux sanglots: &quot;je savais que ça finirait comme ça&quot; ou Sylvie ne rien me sortir du tout, abasourdie et éventrée, ravagée par des flots de larmes, me voyant déjà dans un cimetière ou dans mon cas plutôt dans un vase à cendres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P*** m'a redonné du rouge, de l'espoir, du sens et du baume à ma vie un peu secouée ces derniers temps.&lt;br /&gt;Clémentine m'a rappelé que j'étais bel et bien vivant, que nous avions des choses encore à vivre ensemble et séparément, que beaucoup de temps allait encore s'écouler avant que la maladie ne prenne le dessus.&lt;br /&gt;Je suis rentré chez moi un peu régaillardi.&lt;br /&gt;Je voudrais terminer ce message par un grand merci à Toi, Clémentine. Tu as été là au moment où c'était sans doute le plus important pour moi et je ne l'oublierai jamais.&lt;br /&gt;J'ai terminé cette semaine plutôt cauchemardesque relativement sereinement, finalement, et avec au fond de moi un certain courage pour affronter la nouvelle semaine qui allait tôt fait d'arriver et de m'apporter de nouvelles nouvelles guère réjouissantes...
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<name>Mysterious dove</name>
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<title>La mort et l'écriture.</title>
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<updated>2009-06-21T02:02:42+02:00</updated>
<published>2009-06-21T01:36:00+02:00</published>
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<summary> La mort et l'écriture sont liés. J'en suis et en reste persuadé. De même...</summary>
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La mort et l'écriture sont liés.&lt;br /&gt;J'en suis et en reste persuadé.&lt;br /&gt;De même que l'amour et l'écriture sont liés, donc à forciori la mort et l'amour.&lt;br /&gt;Je me souviens avoir appris les liens étroits qui existaient entre eros et tanatos, et je suis de ceux qui croient en cela.&lt;br /&gt;Même si chez moi, mes aspirations profondes tendent à penser que la vie et la mort sont étroitements liés et que par conséquent, l'amour et la vie sont bien sûr indissociablement liés.&lt;br /&gt;J'ai fait ma première expérience de la mort il y a plus de vingt ans, alors que je n'étais encore qu'un enfant.&lt;br /&gt;J'ai fait ma seconde expérience avec la mort il y a une douzaine d'années.&lt;br /&gt;J'ai toujours pensé que la troisième expérience que j'en aurai sera celle qui marquera l'heure de mon décès.&lt;br /&gt;Je ne souhaite pas faire un blog noir, déprimant, dépressif. &lt;br /&gt;Au contraire, je veux dire les choses telles que je les vois, je les ressens.&lt;br /&gt;En Inde, la vie et la mort sont étroitement liées et je suis profondément indien.&lt;br /&gt;Je ne suis pas né en Inde, mais je sens, je goûte ce pays.&lt;br /&gt;C'est comme si du sang indien coulait dans mes veines.&lt;br /&gt;Certains pourront bien dire que je suis un peu fou, je sais que les vrais passionnés de ce pays savent et ressentent exactement ce que je veux dire.&lt;br /&gt;Je ne sais pas si je suis un spirituel ou autre, je tente seulement de réaliser mon bout de chemin, mais par cet écrit, je souhaite donner une autre image que les gens ont de la séropositivité, en fait.&lt;br /&gt;Je crois que c'est un peu ce que je me suis donné comme mission, je n'aime guère ce mot, mais il ne m'en vient pas d'autre à l'esprit, pour le moment.&lt;br /&gt;C'est comme si quelque part, j'ai toujours senti que la maladie viendrait s'emparer de mon corps. De mon corps, oui, de ma vie, je ne sais pas. Il est tôt pour le dire, et je sais que je ne compte pas renoncer à elle facilement. Certes, cela ne suffit pas, mais je veux me battre et je me bats tous les jours.&lt;br /&gt;Je veux dire, j'ai plus ou moins toujours inclus la maladie en moi, en tout cas une possibilité, hélas, chez tout homme.&lt;br /&gt;Tôt déjà elle s'est emparée d'un être très cher, très proche. La mère. Celle qui donne la vie. Et plus tard, je l'ai appris, celle qui par la même occasion donne la mort. Le nouveau né, paraît-il éprouve une souffrance extrême lorsqu'il sort du ventre de sa mère. Le premier contact qu'il a avec l'existence est une lutte pour respirer, une lutte que l'on ressent parfois si violemment encore lorsque l'on fait une crise d'angoisse par exemple. Mais laissons cela pour l'instant. Un autre contact qu'il a presque immédiatement avec la vie est la coupure de son cordon ombilical, qui le reliait jusque là avec la mère, avec le paradis, en somme.&lt;br /&gt;Le nouveau né porte donc déjà en lui l'idéal et la souffrance, l'absolu et la blessure.&lt;br /&gt;On ne voit souvent que le côté tout rose de la naissance, je dirais, mais l'on ne voit pas souvent que lorsque la vie est donnée, l'obligation de s'éteindre un jour est donnée par la même occasion.&lt;br /&gt;J'ai beaucoup réfléchi à tout cela et je me suis dit dernièrement que si je voulais encore progresser dans mon cheminement intérieur, il faudra que je me déleste de la peur de mourir.&lt;br /&gt;J'aime tellement la Vie...
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<name>Mysterious dove</name>
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<title>Le 7 Janvier 2008.</title>
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<updated>2009-06-13T23:08:55+02:00</updated>
<published>2009-06-13T20:57:00+02:00</published>
<summary> 7 Janvier 2008. D'habitude j'aime bien le chiffre 7. Il est de bon augure....</summary>
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7 Janvier 2008.&lt;br /&gt;D'habitude j'aime bien le chiffre 7. Il est de bon augure.&lt;br /&gt;D'habitude...&lt;br /&gt;Seulement voilà. Aujourd'hui je me lève avec de nouvelles angoisses, de nouveaux mots de ventre assez violents, sans doute intolérables pour qui n'en a pas l'habitude, mais moi ça fait plus d'un mois que je les ai, et ils sont de plus en plus gênants. Je parle de douleurs, je parle de diarrhées, je ne ferai pas dans le correct, je ne ferai pas dans le sensationnel non plus, je veux juste dire les choses telles qu'elles sont.&lt;br /&gt;Ils sont tellement gênants (les maux de ventre) que le médecin m'a arrêté depuis presque dix jours maintenant.&lt;br /&gt;On cherche leur cause, leur raison.&lt;br /&gt;Je ne vais pas tarder de la connaître, la foutue raison.&lt;br /&gt;11H et des poussières. Je vais faire une prise de sang que m'a prescrite le médecin traîtant. Banalité. Suite d'une longue liste de tests et examens qui n'ont pas donné grand chose, mis à part un champignon dans les selles.&lt;br /&gt;13H et des poussières. Le téléphone sonne. C'est le laboratoire. Mon ex qui m'a toujours dit que si les labos téléphonent avant de donner leurs résultats, c'est mauvais signe, semble crier dans mon oreille, cette fois c'est la bonne.&lt;br /&gt;Et cette fois c'est la bonne. Ou la mauvaise.&lt;br /&gt;Dix ans - ou douze que je suis pédé comme ils disent, dix ans ou douze que je suis considéré comme une personne à risque, à ce que j'apprendrai plus tard, et c'est aujourd'hui que la nouvelle va me tomber dessus et je le ressens instinctivement, instantanément.&lt;br /&gt;La journée est grise, presque chaude pour un mois de janvier. Ce n'est pas normal. Rien n'est normal dans cette stupide journée et je ne me sens pas très bien. Je ne cherche même pas à repousser les dates, les échéances, je me suis levé du mauvais pied ce matin et je suis allé quand même faire la prise de sang. Un autre jour, je l'aurais faite plus tard, j'aurais attendu un bon jour, un bon présage, mais là non. A la limite, je vais, morne, la tête en avant, vers ce que je sais être mon destin, sans chercher à l'éviter ou à le nier.&lt;br /&gt;Je ne sais pas ce qui se passe, je sens que je vais me sentir presque soulagé d'avoir enfin une réponse à mes questions.&lt;br /&gt;Je vais presque, à un moment donné de cette journée idiote, espérer avoir une réponse, même si celle-ci est cruelle, plutôt que de rester dans cette incertitude devenue intolérable.&lt;br /&gt;J'ai fait mon dernier test HIV quelques mois avant. Tout allait bien. Je n'ai pas eu de rapport à risque depuis, du moins je ne le crois pas et j'ai eu d'autres soucis de santé, mais allez savoir pourquoi je sais tout de suite pourquoi le téléphone sonne. Non ce n'est pas à cause d'une ancienne syphilis, ce n'est pas à cause de mes globules blancs ou rouges, ce n'est pas à cause d'un excès de cholestérol ou autre, c'est bien à cause du test HIV.&lt;br /&gt;La femme ne me dit rien. Mais c'est comme si elle disait tout.&lt;br /&gt;Elle me dit juste de repasser au labo, pour faire je cite, une vérification.&lt;br /&gt;Pas la peine de m'expliquer, je comprends tout de suite.&lt;br /&gt;14H et des poussières. Je retourne donc au labo, plutôt résigné je dois dire. Je demande presque par hasard pourquoi je suis là, même si je connais la réponse et la femme ne tarde pas à me le dire.&lt;br /&gt;Je réponds seulement, vague: &quot;ah ça y est, j'ai réussi à choper cette saloperie&quot;. Mi-ironique. Mi-fataliste.&lt;br /&gt;Ca ne m'étonne pas plus que cela et pourtant je ne suis pas de ceux qui prennent beaucoup de risques. J'apprendrai plus tard que je ne suis franchement pas ceux qui prennent le plus de risque, en effet.&lt;br /&gt;Mais c'est comme ça. C'est comme si, aujourd'hui, là, sept janvier, ça me paraît juste une évidence.&lt;br /&gt;J'admets le verdict, j'écoute les jérémiades de la femme qui me dit que c'est arrivé aussi à sa fille et que c'était juste une erreur, qu'il faut attendre les résultats finaux pour être sûr, que c'est certainement une erreur, qu'il ne faut pas s'inquiéter. Je sais déjà l'absolue et crue vérité, ce n'est pas la peine d'essayer de me remonter le moral et encore moins de me bercer d'illusions.&lt;br /&gt;C'est pour aujourd'hui et c'est tout.&lt;br /&gt;Quelques minutes passent cependant.&lt;br /&gt;Et d'un seul coup, j'ai une boule de panique qui se forme sur mon estomac. &lt;br /&gt;Je me vois mourant, je me vois tomber dans les pommes, on m'emmène d'urgence à l'hosto et c'est fini.&lt;br /&gt;La crise d'angoisse est virulente et pourtant elle finit par se calmer presque comme elle est venue, je parle beaucoup avec l'infirmière, j'évite ainsi de tomber dans les vappes et je parviens à garder un minimum de contrôle.&lt;br /&gt;La crise se calme. Je me rends compte que je ne suis pas bien informé sur la séropositivité, le sida, etc, contrairement à ce que je pensais.&lt;br /&gt;Je débloque un peu puis je parviens à recouvrer une certaine contenance.&lt;br /&gt;Je me vois quelques secondes fuir le pays, me suicider ou attendre la mort tranquillement dans un bon bain, puis la réalité s'impose plus sournoisement, et pourtant plus nettement à moi. Je vais être calme, je vais être lucide, je ne vais pas me voiler la face, je vais surtout chercher à protéger mon compagnon que j'aime et avec qui je vis depuis presque un an déjà.&lt;br /&gt;Je sors du labo, je panique quelque peu à nouveau, j'appelle Kathya, une amie qui habite près du labo, je lui bredouille quelques mots peu enthousiastes et peu cohérents et je décide de rentrer chez moi, plus fort et plus serein que je ne l'aurais cru une heure avant seulement.&lt;br /&gt;Je ne laisse rien paraître à mon homme, ou pas grand chose.&lt;br /&gt;Moi qui n'aime pas jouer des rôles, je parviens à être plutôt bon acteur, semble t-il et le plus étrange c'est que je n'ai pas besoin de surjouer la scène.&lt;br /&gt;Je me sens plutôt bien à la maison, en sécurité, bien avec mon amoureux et je n'en demande pas beaucoup plus.&lt;br /&gt;Je ne veux surtout pas qu'il s'inquiète pour moi, je me dis qu'il faut attendre les résultats définitifs, que pour le moment il n'y a pas de quoi s'alarmer, c'est ce que m'a conseillé l'infirmière d'ailleurs et je m'en tiens à cela - même si je n'y crois guère.&lt;br /&gt;Mais je veux surtout essayer de passer une soirée en amoureux, comme avant, avec mon homme et c'est à peu près ce qui se passe.
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